Le Xénope

Modèle de recherche

Xenopus

Les amphibiens sont depuis longtemps des systèmes modèles en biologie cellulaire et en biologie du développement.

Ils ont contribué, de manière déterminante, à l'élucidation des mécanismes permettant la mise en place de différents lignages cellulaires et des polarités dorso-ventrales et antéro-postérieures de l'embryon; ainsi qu'à la découverte de voies de signalisation majeures du développement, des mécanismes de réplication des chromosomes et des molécules clefs du cycle cellulaire.

Au cours des années, le crapaud sud africain Xenopus laevis est devenu l'une des espèces d'amphibiens privilégiées au vue de sa facilité d'élevage et l'accessibilité de ces embryons. L'injection d'ARN messagers codant pour des gènes d'intérêt permet l'étude fonctionnelle de gènes par surexpression ou expression ectopique. L'utilisation de molécules d'acides nucléiques antisense de type morpholino émerge au début des années 2000, comme la méthode d'inactivation génique complétant les outils moléculaires de surexpression. Néanmoins, de part son allo-trétraploïdie (2n = 4x = 36 chromosomes) et son temps de génération long (18 mois), le modèle ne permet pas des études génétiques classiques.

Aussi, à la même période, différentes équipes de recherche se sont intéressées au développement de Xenopus tropicalis, espèce diploïde (2n = 20 chromosomes) et qui présente un temps de génération de seulement quatre mois. L'émergence de ce modèle compatible avec les approches génétiques vient s'ajouter à la liste des avantages du modèle xénope. En 2010, le génome de Xenopus tropicalis est publié finalisant ainsi l'entrée du xénope dans les ères génomique et post-génomique. Depuis, les chercheurs travaillant sur ce modèle ont pu profiter de tous les outils d'édition du génome pour aborder leurs problématiques scientifiques. Aujourd'hui, la technologie d'édition par CRISPR est la plus efficace mais aussi la plus prométeuse.