Le Xénope

Les amphibiens sont depuis longtemps des systèmes modèles en biologie cellulaire et en biologie du développement. Ils ont contribué, de manière déterminante, à l'élucidation des mécanismes permettant la mise en place de différents lignages cellulaires et des polarités dorso-ventrales et antéro-postérieures de l'embryon, à la découverte de voies de signalisation majeures du développement, des mécanismes de réplication des chromosomes et des molécules clefs du cycle cellulaire.
 
Une espèce d'amphibien est devenue privilégiée au cours des années. Il s'agit du crapaud sud africain Xenopus laevis ou xénope en raison, d'une part, de sa facilité d'élevage et, d'autre part, de la grande taille de ses embryons. Ces embryons produits en grande quantité se développent rapidement dans le milieu externe à la température ambiante.

Le CRB héberge deux espèces de xénopes : Xenopus laevis et Xenopus tropicalis.

Xenopus laevis

Xenopus laevis, le crapaud à griffe ou dactylère du cap, originaire d'Afrique australe est un amphibien anoure de la famille des pipidae. Il possède un mode de vie essentiellement aquatique, ne montant à la surface de l'eau que pour respirer.
Le xénope est un animal ectotherme, sensible aux changements de température. La peau de ces amphibiens est fortement perméable aux échanges gazeux et hydriques.

Les femelles adultes mesurent plus de 11 centimètres du museau à l'anus.
Les mâles sont 30% plus petits que les femelles. Parmi les caractéristiques de ces animaux, on note des pattes postérieures très musculeuses et garnies d'une large palmure. Cette disposition en fait d'excellents nageurs. De plus, les trois doigts des pattes postérieurs portent des griffes cornées.
Tous les batraciens muent plusieurs fois par an ; la couleur dorsale des X. laevis varie beaucoup en fonction de l'environnement (lumière ambiante,...).
Lors de la ponte, qui peut durer une journée, les femelles peuvent déposer jusqu'à 6000 oeufs d'environ 1,2 à 1,3 mm de diamètre.
Jusqu'ici, la principale espèce d'amphibien utilisée en biologie cellulaire et en biologie du développement était Xenopus laevis. Malgré ses avantages, ce modèle ne permet pas d'études génétiques classiques car cette espèce est allo-tétraploïde (2n = 4x = 36 chromosomes) et elle présente un temps de génération de deux ans, réduisant le caractère pratique de beaucoup de types d'expériences sur plusieurs générations. Ces dernières années, différentes équipes de recherche se sont intéressées au développement de Xenopus tropicalis, espèce qui est complètement diploïde et présente un temps de génération de seulement quatre mois.

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Xenopus tropicalis

Le Xenopus tropicalis est originaire d'Afrique de l'ouest (du Sénégal au Nigeria). Il est plus petit que le Xenopus laevis : la femelle fait 4.3 à 5.5 cm et le mâle est encore plus petit.
Sa couleur dorsale est olive à marron foncé .
Les œufs sont également plus petits que ceux de X. laevis (0.7 à 0.8 mm).
Xenopus tropicalis convient aux approches génétiques en raison de son temps de génération relativement court (3-4 mois), de son caractère diploïde et de son faible nombre de chromosomes (20).
A titre de comparaison, la souris possède 40 chromosomes et le zébrafish 50 chromosomes.

Comparaison Xenopus laevis - Xenopus tropicalis